La question écologique

Le but n’est pas simplement de vivre en accord avec nos valeurs, mais d’être actrices et acteurs d’un changement plus large, en proposant une alternative sociale adoptable progressivement, sans demander de rupture avec le mode de vie standard. Notre communauté doit aussi être la plus inclusive possible pour faciliter la transition localement, et la plus large possible pour se faire connaître et pouvoir être prise en exemple comme solution aux problèmes écologique posés par le mode de vie occidental.

La crise écologique a déjà fait disparaître près de 50% des poissons des océans et 60% du nombre de vertébrés sur les seules 40 dernières années. La fin des ressources fossiles et minérales bon marché combinée à l’épuisement des sols, des nappes phréatiques et au dérèglement climatique pourrait mettre fin très brutalement à la croissance démographique exponentielle de la population mondiale en mettant, pour la première fois de son histoire, l’humanité face au limites matérielles de son environnement.

Ce problème n’est pas seulement causé par la manière de produire ou de répartir des biens matériels. Il est profondément ancré dans notre culture de compétition, où « réussir » signifie prendre à la communauté le plus possible, en accumulant des ressources limitées et en profitant du fruit du travail des autres. Mais l’altruisme lui aussi est profondément ancré dans nos comportements individuels et se trouve à la base de nos sociétés, depuis des millénaires. L’altruisme et la solidarité sont à la source de nombreuses initiatives visant la réussite collective avant la réussite personnelle, et la protection des intérêts fondamentaux des générations futures et des autres animaux terrestres avant la satisfaction de nos intérêts secondaires. Ces initiatives peuvent être par exemple la simplicité volontaire, la diminution maximale de ses déchets, l’utilisation de circuits économiques et géographiques courts voir la recherche de l’autonomie énergétique, alimentaire et matérielle, la limitation ou l’abandon de véhicules à moteur, la limitation de ses passions tristes (colère, jalousie, peur…), le rejet de toutes les oppressions (patriarcale, raciste, capitaliste, spéciste…) , de la propriété individuelle, de la hiérarchie…

Le but de Vers l’écolieu est de rassembler géographiquement les personnes porteuses de ces initiatives de sobriété matérielle et de richesse relationnelle permises par la confiance, la mutualisation et l’altruisme.

Pour parvenir à rétablir la confiance, la mutualisation et l’altruisme, il nous faut sortir de l’anonymat collectif. L’anonymat collectif permet en effet aux individus ayant des comportements antisociaux de tirer le meilleur parti des comportements altruistes sans jamais rendre la pareille et d’utiliser toute confiance accordée au dépend de la personne accordant sa confiance. La sortie de cet anonymat n’est possible qu’en créant une communauté à taille humaine, où les personnes se connaissent et peuvent jouir de leur bonne réputation en accordant et recevant la confiance de chacune. Il s’agit donc de passer d’un cercle vicieux d’une société où tout le monde se méfie de tout le monde à un cercle vertueux où la confiance, la mutualisation et l’altruisme est encouragé par la communauté. Cette communauté de personnes défendant les valeurs d’altruisme et d’équité doit permettre l’émergence d’une société fondamentalement écologique par ses aspirations à prendre soin de l’autre (étranger, génération future, autres formes de vie) et effectivement active pour la protection de l’environnement à travers les initiatives portées par ses membres.

 

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