La fondation d’un groupe et la rencontre d’objectifs différents

Réflexions issues d’une rencontre le 16/02/2016 au dernier bar avant la fin du monde.
Personnes présentes: Lise, Pauline, Sabine, Hannah, Eric, Olivier, Corine, Erwan, Frédéric

Lors de la fondation d’un groupe souhaitant partager une certaine communauté, les intérêts divergents des participants peuvent entraîner des tensions ou des ruptures au sein du groupe. Avant de rechercher comment ces intérêts peuvent cohabiter, nous allons tenter de définir les grandes familles d’envies menant des individus à s’intéresser aux communautés d’intentions de type cohabitats ou écolieux.

  • puzzleLa quête de sens recouvre de nombreuses envies (retour à la nature, entraide, spiritualité…) mais peut se distinguer par une volonté d’action sur soi-même. L’individu en quête de sens peut se sentir inutile au quotidien, ne pas savoir quoi faire dans la vie, ne pas se sentir motivé par les perspectives offertes par la culture dominante. L’adhésion au groupe et surtout à un style de vie particulier est pour lui un moyen de se sentir cohérent avec lui même.

pierres sphérique en équilibre

  • La résilience est une volonté de protection de soi (et parfois de ses proches) contre un possible effondrement brutal de la société. L’individu résiliant pense qu’une crise globale financière/énergétique/sociale/alimentaire va balayer les styles de vie classiques et souhaite dès maintenant adopter un style de vie pouvant s’adapter aux grands changements attendus. L’adhésion au groupe et à une simplicité volontaire est pour lui un moyen de trouver des alliés et compagnons pour construire cette résilience.club de rome
  • La recherche d’une meilleure qualité de vie mêle la volonté de sortir d’un cadre urbain pollué, d’un travail non satisfaisant ou d’une société stressante. Cette recherche est un pendant matérialiste de la quête de sens.quand-bien-meme-2010
  • La fondation d’une société alternative vise à mettre à bas les systèmes d’oppression (patriarcale, néolibérale, etc.) pour créer un système fonctionnant selon des valeurs humanistes. Cette création vaut aussi bien par son utilité pour les membres du groupes que pour sa valeur d’exemple pour les personnes ne faisant pas partie du groupe.intersectionality
  • La volonté de vie en communauté est une quête d’un cadre de vie coopératif, convivial et basé sur la confiance et l’entraide entre les membres de la communauté. Ce communautarisme peut être aussi bien urbain que campagnard et se traduire aussi bien par une structure diffuse (groupe constitué sur internet) que centralisée (cohabitat).repas-convivial

Ces envies peuvent être nuancées et mélangées, mais peuvent aussi parfois se trouver antagonistes, ne serait-ce que lorsqu’il s’agit de définir les priorités du groupe. Par exemple, un groupe que nous considérons comme basé sur la quête du sens (ex: le hameau des buis) est structuré autour d’une école .Ce groupe aspire permettre à chacun de se construire soi même mais néglige la capacité de résilience. Au contraire, un groupe fondé sur la volonté de résilience demandera à chacun d’être matériellement actif et indépendant et permettra à chacun de construire soi même ses conditions de vie.

Pour que des volontés différentes cohabitent, l’essentiel se joue lors de la conception du projet. La détection des antagonismes ne peut pas se satisfaire d’un simple dialogue rationnel entre tous les intervenants car une partie non négligeable de la communication se fait sous d’autres formes que le verbal. Il faut donc faire fonctionner le groupe dès l’étape de conception afin de faire “tomber les masques”. Avant cela il faut donc d’abord créer un groupe. Il est fondamental que ce groupe puisse à tout moment se retrouver sur un socle commun de valeurs fondamentales.

Les valeurs fondamentales sont l’identité du futur groupe. Celles-ci doivent être claires et intégrées par tous. Des tests de personnalité, une introspection et/ou une sélection peuvent éventuellement permettre de créer une homogénéité de valeurs au sein du groupe. On peut penser que de ces valeurs découleront en général des modalités de fonctionnement proches voire identiques. Lorsque ce n’est pas le cas, en cas de conflit entre différentes modalités d’application de ces valeurs, l’affirmation de ces valeurs communes peut permettre de dénouer les tensions au sein du groupe.

Le fonctionnement du groupe lors de l’étape de conception doit utiliser des jeux de rôles permettant à chacun d’agir comme il le ferait au sein de la collectivité à créer. Le travail sur le concret peut alors permettre de dégager des problèmes interactionnels qui ne seraient jamais ressortis lors de la création d’un projet “sur le papier”. Il peut être intéressant qu’il existe, au sein du groupe ou à l’extérieur, des observateurs capables d’avoir un recul nécessaire pour détecter les embryons de tension au sein du groupe.

Le temps de la conception peut aussi être un temps d’introspection, d’éducation et de changement pour les membres du groupe, afin d’harmoniser leur fonctionnement. Il est important de différencier ici une volonté d’harmonie et une volonté d’homogénéité, cette dernière étant une menace pour la créativité et la diversification des ressources d’un groupe. L’harmonie doit permettre un fonctionnement efficace vis-à-vis du collectif, d’individus ayant des compétences et des caractéristiques de personnalité très variées (voire le plus possible).

Plus un groupe est large, plus il sera possible d’y intégrer des types de fonctionnement différents, et plus la tolérance entre les individus sera facilitée. Une fois la collectivité effectivement en place, la largeur du groupe peut aussi permettre une séparation sociale et/ou géographique de personnes ayant des modalités de fonctionnement antagonistes.

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2 thoughts on “La fondation d’un groupe et la rencontre d’objectifs différents

  1. Didier Payet Répondre

    Bonsoir les amis des colibris ,
    A propos du facteur humain,
    je me permet de laisser un commentaire ici ,des 10 années d’expérience passés dans colibris ,Terre et humanisme .
    C’est assez simple à comprendre c’est que colibris n’a pas établi de limite à chacun.
    Plusieurs études sociologiques convergentes ont démontrés que la principale cause de destruction de l’ environnement dans nos sociétés vient du fait du manque d’équité et de l’enrichissement personnel.
    On essaye de résoudre des problèmes relationnels par la communication non violente alors que la vrai cause c’est la structure sociale et son mode de fonctionnement.
    Comme on a à faire à des personnes extrêmement diplômées ,on a l’ impression qu’ils savent des choses
    mais en réalité tout est à inventé .
    Je viens de regarder le projet oasis éco-nids ,et 2 ou 3 autres du même genre ,c’est tout simplement une escroquerie en bande organisé.500 euros par mois sur 30 ans pour vivre dans un écolieu .
    Je bosse sur un projet pour financer des éco-lieux pour 10 à 20 fois moins cher, voir sans crédit
    et je ne comprend.pas ce qui se passe dans colibris.
    Ce que j’ai compris c’est que nos ingénieurs quel qu’ils soient,sont incapable de conceptualiser un autre mode de pensée que celui du système.

    Je précise quand même que pour financer mes oasis ,je reste dans la légalité.
    si quelqu’un a une réponse .

    Cordialement
    Didier

    1. Frédéric Mesguich Répondre

      Bonjour,
      C’est un témoignage, mais où est la question ?
      Eco-nid propose des maisons de 60 m² à 150 000€. http://econids.fr/programme-de-la-construction/
      C’est vrai que c’est un prix assez bas pour faire construire en bioclimatique, mais cela me semble crédible. En quoi serait-ce une escroquerie ?

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