Produire pour se nourrir : partageons nos connaissances en Permaculture

Le texte qui suit est le compte-rendu écrit d’une rencontre organisée par l’association Vers l’Ecolieu, le 30 Avril 2017, au centre culturel de la Gaieté Lyrique, à Paris, rédigé par Rebecca P.

La première partie est tout bonnement le texte d’un petit exposé d’introduction sur la Perma qui a permis un deuxième temps de discussions, de partage de connaissances, de tuyaux, de sites webs, associations et contacts direct. Toutes les remarques n’ont pas été manuscrites, mais les notes prises ici permettront au curieux souhaitant s’investir de tirer un fil et de s’engager à son tour vers davantage d’autosuffisance.

  1. Petit exposé (plus ou moins) rapide :

Présentation Perso : Rébecca, membre de Vers l’Ecolieu depuis Ete 2016 ; par ailleurs étudiante en fin de licence d’histoire à paris ; future étudiante de Médecine Traditionnelle Chinoise.

Les 3 objectifs de ce moment aujourd’hui:

3 écueils selon moi de l’écolo aujourd’hui : le sentiment d’ignorance, le sentiment d’isolation, donc le sentiment d’impuissance.

On va faire le contraire et marquer d’une pierre rouge ce jour de :

  • fin de ton ignorance

  • fin de ta solitude

  • début de ton projet

C’est une boucle bien-sûr, et il s’agit une fois arrivé-e à l’étape 3 de revenir à l’étape 1 en questionnant toujours son positionnement à la lumière de la Connaissance.

Vers l’Ecolieu = Convivialité. Je vous propose que chacun-e se présente à son tour dans cet esprit :

  • Qui on est ? Ce qu’on fait de jour ? Et quel super héros-héroine on est en secret ?

  • Ce qu’on a lu

  • Ce qu’on a fait (planté, formation qu’on a reçue, permaculteur-trice qu’on a rencontré)

  • Le projet qu’on a en matière de permaculture

Vers l’Ecolieu = Transition Ecologique préparée, donc recherche d’informations fondées. Elles sont nombreuses, et des débats existent sur les méthodes phare à employer, comme la culture sur bute par exemple. Comme à Poudlar, on ne pourra pas vous préparer à tout. Mais on peut se donner confiance mutuellement, continuer la quête d’informations en se faisant confiance. Cernons le sujet :

  • Définissons clairement notre sujet  avant toute chose:

Selon le magazine Kaizen, magazine d’actualité alternative positive : 2 dimensions : philosophique (d’harmonie homme-nature) et concrète (d’outils et pratiques agricoles). On reviendra sur le 2e dimension : pratique.

  • 3 auteurs à connaître :

           Rudolf Steiner (1861-1925) à l’origine d’un Calendrier des travaux suivi par tous les agriculteurs en biodynamie, ainsi que de nombreux jardiniers. Il est connu majoritairement comme étant le fondateur de l’anthroposophie, un courant de la philosophie qui vie à « restaurer le lien entre l’Homme et les mondes spirituels ». C’est dans cette perspective qu’il créer sa Société anthroposophique, cadre depuis lequel il voulait faire naître une nouvelle société, avec des institutions telles que les écoles Steiner-Waldorf, l’agriculture biodynamique les médicaments et produits cosmétiques Weleda, etc. Il s’inscrit dans le courant de la permaculture dans la mesure où il souhaitant prendre en compte l’ensemble des forces magnétiques et telluriques dans l’agriculture.

Maria Thun (1922-2012) est à l’origine d’un calendrier des semis, paru en 1963, qui fait le lien entre les cycles de croissance des plantes et les cycles du cosmos (la Lune, les Planètes, le Soleil, les autres étoiles), ce qui en fait la pionnière de l’agriculture biodynamique. Best-seller édité en 30 langues. [Montrer le livre]. Née dans une ferme allemande, infirmière durant la Seconde Guerre Mondiale, elle épousa Walter Thun, professeur d’art dans une école appliquant les préceptes de Rudolf Steiner, et qui lui fit découvrir certains agriculteurs biodynamiques.

Masanobu Fukuoka (1913-2008), auteur de La révolution d’un seul brin de paille (1975). Microbiologiste de formation et spécialiste en phytopathologie, il travaillait au Bureau des Douanes dans la Division de l’Inspection des Plantes après la seconde guerre mondiale, en pleine période de « révolution verte » importée par les USA. Commençant à douter du « progrès «  prétendument apporté par cette révolution verte, dépendante des engrais et des pesticides chimiques, il démissionne de son poste et retourne sur la ferme de son père. Puisant dans des racines culturelles zen, taoïste, shinto, Bouddhiste, il crée « l’agriculture natuelle », dont le but est de créer un environnement naturel pour faire pousser des arbres sans élagage, sans fertilisant ni pulvérisations chimiques. Et un environnement « naturel », c’est un environnement où l’homme agit le moins possible. Voilà le principe à l’origine du concept de « non-agir » vendu par la permaculture.

  • des exemples concrets :

  • à la campagne : La ferme du Bec. Ils cultivent 800 végétaux différents : complémentarité des plantes entre elles. Ils vendent leur surplus dans des AMAP : revenus réinvestis dans le projet. Ils forment les gens aux connaissances acquises : revenus réinvestis dans le projet.

Prône la mise en culture de 500 à 1000 m² cultivés max, c’est-à-dire entre 10 et 80 fois moins qu’une surface cultivée en agriculture bio mécanisée. (On peut viser plus gros comme Jean Jean Martin Fortier, cultive 8 000 m² au Québec et ça lui suffit pour gagner sa vie) Produisent autant de légumes par heures travaillés que leurs confrères mécanisés. = super rentable

Implique le travail quelques jours par semaine seulement, ce qui laisse du temps pour exercer une autre profession.

  1. Une phase initiale d’aménagement : créer mare et talus, creuser les trous de plantation des arbres, apporter des quantités importantes de fumier. Besoin de plus de bras
  2. Gérable seul ou à deux

*à la ville : Luke Keegan : sur 10m2 de jardin à San Francisco, il cultive plus de fruits et légumes qu’il ne peut en consommer. Donc l’autosuffisance en fruits et légumes est facile à atteindre, et même en ville, grâce à l’agriculture verticale. C’est aussi ce que montre un citadin – dont j’ai oublié le nom – de Rouen qui fait pousser 350 kilos de légumes par an dans son jardin intramuros. D’ailleurs, selon la FAO, par 1m2 peut produire: jusqu’à 200 tomates en 1 années, 100 oignons tous les 4 mois, ou 36 salades en 2 mois. La logique, qu’appuie un petit WikiHow sur le sujet, est d’utiliser tout l’espace au Maximum. C’est ce que fait un américain : The Plant Charmer : agriculture verticale, dans des goutières et sur des grillages. La perma, c’est aussi savoir utiliser la complémentarité des plantes entre elles, ce qui va nous amener à étudier plus en profondeur la microbiologie des sols et les besoins des différents types de plantes.

  • Deux sites web bien fait : Permathèque.fr avec un « Guide du Permaculteur Débutant ». Mais aussi le site Jardin au Naturel qui a le mérite de mettre en garde contre d’éventuelles simplifications de la permacultures, et notamment deux :

la culture sur butte. Particulièrement efficace en milieu sec, comme au Sahel, elle peut s’avérer néfaste et vecteur de pourrissement si pratiquée sur des terres déjà très fertiles. Donc la permaculture n’est pas une somme de techniques mais une compréhension globale qu’il s’agit d’avoir de la place de la Terre dans le Cosmos, et de notre place sur Terre.

du non-agir : à comprendre comme une philosophie avant tout, terme construit en opposition au tout-agir positiviste de l’après seconde guerre mondiale. Mais dans le contexte actuel, ce terme veut dire qu’il faut observer la nature, et notamment humaine, plus que d’essayer de la transformer. Transformer quelque chose dont on fait partie c’est scier la branche sur laquelle on est assis.

  • De nouvelles sources d’infos chaque jour. Dernière parution, en Librairie :

Le dernier guide de perma accessible (8€) : Nelly PONS, Débuter son Potager en Permaculture. Donc prise au sérieux croissante de la permaculture.

Permaculture = des résultats. Quels sont les fondamentaux à connaître ?

Les rythmes.

  • de la Terre : Sphère tournant autour du soleil. Mais selon un système géocentrique, les groupes d’étoiles qu’on voit derrière le soleil changent en fonction du moment de l’année. Tous porteurs d’un champ électro-magnétique, les astres comme les planètes et même les comètes influence le champ electro-magnétique de la terre et de tout ce qui s’y trouve.

Permaculture reprend des caractéristiques attribuées par les anciens à ses différents objets, qui sont au nombre de 4 :

feu

  • air

  • eau

  • terre

Le rythme de la Terre, c’est donc la conjugaison de différents rythmes, en particulier celui des objets qui se trouvent près d’elle, donc la Lune, le Soleil, les planètes du systèmes solaires, et les Constellations devant lesquelles ces  objets passent.

  • les rythmes du Soleil : l’une des 12 constellations devant laquelle il passe à telle ou telle période de l’année.

  • rythme de la Lune : l’une des 12 constellations devant laquelle elle passe à telle ou telle période du mois

  • rythme du système solaire : c’est-à-dire les relations entre la position de la Terre, Lune, du Soleil et des Autres Planètes ; regroupées en 3 types de relations :

  1. opposition
  2. conjonction
  3. trigone
  • dont découle le rythme des plantes. La vie de chacune d’entre elles passe par 4 phases, plus ou moins longues.
  1. l’allongement
  2. l’étalement
  3. le découpage
  4. le pointage

Mais toutes les plantes ne passent pas autant de temps sur telle ou telle phase. Comme chacune des 4 phases est associée à un des 4 éléments, il faudrait les planter à tel ou tel moment de l’année.

Pourquoi tous ces mouvements des objets cosmiques ont de l’effet ?

  • les proportions entre les substances du sol se modifient quand le Soleil change de constellation

  • mais c’est aussi lié à la croyance dans sa propre efficacité, ce qu’on appelle la « main verte » : « Ce qu’on appelle la main verte, c’est le lien intime avec la plante, l’intérêt qu’on lui porte, la perception qu’on en a et le comportement subtil du jardinier »

L’espace

Qui doit être aménagé pour permettre la cohabitation de plantes de différentes taille, pour permettre le création d’écosystèmes différents, de taux d’humidité et d’ensoleillement différents :

  1. des grands arbres ;
  2. des arbustes et espèces naines ;
  3. des Baies et arbustes : cassis, mûres ;
  4. des Herbes comestibles et médicinales ;
  5. des légumes ou plantes racines : carottes ;
  6. des couvre-sol : fraises ;
  7. des lianes comestibles : kiwis, vignes.

Doit prendre en compte le sol comme quelque chose de vivant, qui donne, mais qui prend aussi. Implique de faire du compost, qui requiert 4 éléments :

  • des matériaux verts (2/3)

  • des matériaux bruns (1/3)

  • de l’air

  • et de l’eau

[exemple de matériaux verts et de matériaux bruns dans gros livre]

Pourquoi ces proportions ?

Parce que rapport carbone/azote. Le carbone, pour les bactéries comme pour nous autres, amas de bactéries, croissons avec du carbone. C’est ce qu’il reste de nous quand on nous incinère. C’est ce qu’il reste d’un bout de bois qu’on place au-dessus du feu : du charbon. Quant à l’azote, c’est l’énergie qui permet cette croissance.

Le total du compost doit avoir un rapport de 30/1, le rapport idéal de croissance des bactéries, ces petits êtres qui décomposent la matière pour la transformer en compost. C’est le rapport des mauvaises herbes, ce qui explique qu’on mette plus de matériaux verts. D’autres éléments, comme le « marc de café » – le broyat de graines torréfiées après filtration – ont un rapport inférieur à 30 qui compense quant à lu ides éléments au rapport supérieur à 30, comme la paille, qui a un rapport de 75 à 100.

Les bactéries travaillent de concert avec les lombrics.

Le « vermicompostage » quant à lui fait intervenir des « vers rouges » qui digèrent si bien la matière et se multiplient si vite ( 8 adultes peuvent engendrer 1 500 vers en un mois) qu’ils ne laissent aucun déchets, faisant du « vermicompostage » une solution idéale pour ceuelles qui manquent de place. On récupère en vermicompostage un « jus de vers » qu’on peut diluer en « thé de vers » (1 volumes de jus pour 10 volumes d’eau) que les plantes adorent ; ou en « thé de compost » (1 vol de jus pour 10 volumes de compost) et que les plantes adorent encore plus. On peut si on veut aller plus loin oxygéner la préparation avec un « bulleur d’aquarium » – ou une grosse paille et du courage !

La manière la plus économe d’enrichir la terre, c’est encore de permettre un compost sur place, à même le champ, en paillant. Les solutions alternatives permettent de pallier à ses petits inconvénients : il peut abriter des insectes, des limaces, des escargots. Vous pouvez en tout cas lire sur le sujet Ruth STOUT, la pionnière en la matière dans les années 1930s, de même que FUKUOKA. Ce qu’on peut en retenir est qu’il existe deux matières premières pour le paillage :

  • soit de la paille (tiges de céréales)

  • soit des feuilles broyées, rameaux et branchages, plus long, qui permet d’enrichir un sol particulièrement appauvri, comme de créer un massif à un endroit plein de mauvaises herbes. On peut alors faire du paillage en couche [montrer sur le Larousse]

Ces techniques doivent permettre de retourner au minimum la terre, voire pas du tout comme Ruth STOUT. La Ferme du Bec de son côté recommande de ne pas aller trop en profondeur (pas plus de 3 cm).

De l’autre côté du process, ne pas perdre ce que la terre donne, et en particulier les semences. Il faut pouvoir être autonome d’un bout à l’autre du processus.

Les semences nécessitent différentes méthodes de récolte parce qu’elles ne se reproduisent pas de la même manière. Typiquement, chez les chénopodiacées, comme la quinoa, la graine qui se consomme est aussi celle qui se sème. Chez d’autres plantes, les graines ne se récolte qu’une année sur deux. Chez d’autres plantes encore, la reproduction se fait par voie de tubercule (les topinambours, les pommes de terre).

Pour d’autres plantes, il ne suffit pas de récolter, il faut permettre la pollinisation., qui se fait seule chez certaines espèces comme la laitue, mais qui se fait aussi avec l’aide des insectes pour d’autres plantes, comme les fleurs des alliacées.

Donc utiliser alternativement un tamis pour récolter et vanner (séparer la graine du reste de la plante).

Doit penser les mouvements de l’homme :

  • trajet de l’eau au champ ; du champ à la réserve, à la grange, à la cuisine

  • les mouvements de l’homme entre les salades, les radis

[Montrer le plan de conception]

L’énergie (l’argent)

Dépend de l’ambition :

  • initiation : un jardin, voire un balcon peut suffire

  • autosuffisance partielle : 150 m² pour une autosuffisance en fruits et légumes, comme ce permaculteur citadin à Rouen

  • autosuffisance complète : 500 à 1000 m² selon la ferme du Bec (mais consensus sur le fait que la Ferme du Bec vit aussi des formations payantes qu’elle propose et qui génèrent des revenus, de même que des livres qu’elle vend, ainsi que des reventes de ses produits manufacturés en AMAP. On estimerait du coup la surface nécessaire à une autosuffisance à 2 000 m 2)

  • autosuffisance complète + revente : 8 000 m² comme le permaculteur vu au début au Canada

Et du prix du m² bien-sûr :

[légende de la carte ci-dessous : en violet foncé les zones les plus chères, en violet clair les moins chères]

Vient de différentes sources (Que ce soit pour la terre ou les semences) :

  • ses fonds personnels

  • une banque nationale

  • le financement participatif

  • des associations : Terre de Liens, Vers l’Ecolieu ^^

Conclusion :

Se renseigner sur la permaculture c’est fort heureusement se renseigner activement, c’est-à-dire en ayant toujours un projet spécifique en tête, et non pas une connaissance stagnante comme en mono-culture. J’espère en avoir rendu compte ici en ayant fait d’exposés généraux le terreau de questions appelant des réponses concrètes, qu’il revient à chacun de construire en fonction d’un projet. J’espère que les lignes directrices de temps, espace, et énergie se seront avérées suffisamment générales pour n’exclure rien ni personne et ainsi pousser au changement. Que cette petite aprem aie permis à toutes et tous d’apprécier son propre savoir, ses propres expériences en Permaculture, et ainsi sa propre matûrité pour la culture de son autosuffisance.

Bibliographie utilisée :

*Manuels généraux :

  • Masanobu Fukuoka, La révolution d’un seul brin de paille, 1975

  1. Contributions des gens présents :

Films à voir :

L’éveil de la permaculture →  film en ce moment (ou récemment) au ciné

Associations sympas :

Planète Lila → associations propose stages/journées de permaculture à Vitry (site web). Jardin partagé avec les habitants du coin

Les Trois Petits Pins → pas loin de Melun

Envies formulées par les gens :

  • Faire du woofing ensemble cet été

  • Visiter les Ecolieux

  • Cultiver un terrain pour aller vers l’autosuffisance

 

Pour proposer des modifications à cet article, cliquez ici


Laisser un commentaire