Nos valeurs

Les valeurs de Vers l’écolieu sont l’équité et l’altruisme, auxquelles s’ajoute la convivialité.

Ces deux premières valeurs sont des idéaux. Elles ne doivent pas être vues comme des prérequis pour pouvoir faire partie d’un “club”. Ces valeurs sont surtout des objectifs communs que nous nous donnons individuellement, mais également collectivement à travers les projets que nous menons.

Chacun·e peut donc avancer à son rythme et depuis son propre point de départ sur le chemin qui mène vers plus d’équité et d’altruisme.

Outre ces objectifs communs, ces deux valeurs signifient également que Vers l’écolieu ne participera pas à des projets allant à l’encontre de ces valeurs. Des projets neutres par rapport à ces critères sont cependant bienvenus. Ainsi, une personne pourrait participer au sein de Vers l’écolieu à un collectif artistique, mais devrait (par exemple) pratiquer sa passion pour la chasse à courre sans le soutien de notre collectif. Les membres sont évidemment libres de leurs pratiques en dehors de Vers l’écolieu.

La convivialité est un but secondaire des actions menées au sein de Vers l’écolieu. Proposer des alternatives est beaucoup plus intéressant si elles permettent d’accéder à un peu plus de joie et de bonheur. Le plaisir d’être ensemble est aussi ce qui permet le mieux de faire fonctionner durablement des projets collectifs.

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L’équité

L’idéal d’équité signifie que nous essayons d’agir de manière impartiale et juste. A travers Vers l’écolieu, nous avons pour but de faire notre petite part pour amener plus d’équité dans la société.

L’équité, contrairement à l’égalité, prend en compte l’appréciation des circonstances et de la singularité de chaque situation et de chaque personne. Cette appréciation impartiale et altruiste porte en particulier sur l’histoire de chaque personne, des oppressions spécifiques subies dans la société et des capacités de chacun·e.

Notre idéal d’équité a aussi des conséquences dans notre fonctionnement en tant qu’association et dans ce que nous attendons des interactions entre membres.

En tant qu’association, nous considérons que les arguments et envies de chaque personne doivent fait l’objet de la même attention, qu’ils soient issus de nouveaux venus faiblement impliqués ou de fondatrices à la participation assidue. Nous essayons que nos prises de décisions puissent prendre en compte les avis des personnes n’ayant pas forcément le temps ou l’énergie pour venir à une AG ou ayant  plus de difficultés à s’exprimer en public. Dans une démarche d’équité plus que d’égalité, nous essayons aussi que l’avis des personnes les plus concernées puisse peser en conséquence sur les décisions.

Dans le cadre des relations entre membres, nous estimons que les injustices présentes dans le reste de la société doivent être évitées dans le cadre de l’association. Nous tentons de créer ensemble un espace sûr pour que les victimes du sexisme, du racisme, de l’homophobie, du validisme ou d’autres oppressions ou comportements injustes se sentent bienvenues.

La question de l’oppression d’êtres sensibles et conscients sur le seul critère de leur espèce est particulière car elle ne peut pas s’exercer sur nos membres. Elle sera donc discutée spécifiquement.

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L’altruisme

L’idéal d’altruisme est la volonté de faire le bien d’autrui, éclairée par la sagesse et le discernement. Il ne s’agit pas de simple bienveillance, mais de réfléchir aux conséquences de nos actions et d’agir.

L’altruisme n’est pas une chose qu’on a ou que l’on n’a pas. Il peut être cultivé, et chacune de nos actions est plus ou moins altruiste ou égoïste. L’altruisme peut être gradué selon deux caractéristiques.

La première graduation est celle de la valeur que nous accordons à autrui par rapport à nous même. Une valeur nulle accordée à autrui, par manque d’information ou parce que nous ne serons jamais confronté à lui (dans le cadre de l’exploitation animale ou du commerce international, par exemple), correspond à des actions plutôt égoïstes. Accorder autant d’importance à son bien qu’à celui d’autrui (les deux allant souvent de paire), traduit des actions plutôt altruiste.

La seconde graduation est celle de la cible possible de notre altruisme. La valeur d’un système morale peut se juger à son degré d’universalité. Ainsi, nous pouvons aller vers plus d’altruisme en étendant graduellement notre bienveillance aux membres de notre foyer, de notre famille, à nos connaissances, nos concitoyens, aux humains actuels puis futurs et aux êtres sensibles et conscients ne partageant pas forcément notre espèce.

L’objectif écologique de certains projets portés au sein de vers l’écolieu est donc une traduction très concrète de l’altruisme envers celles et ceux qui pourraient souffrir de la pollution ou de l’accaparement des ressources naturelles, qu’ils ou elles soient nos concitoyen·ne·s, les êtres humains qui nous succéderont sur Terre ou les millions d’espèces animales qui partagent notre environnement.

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La question animale

Vers l’écolieu fédère des personnes autour des valeurs d’altruisme et d’équité. Chaque personne part d’un point de départ différent et doit pouvoir choisir sa voie et son rythme, sans subir de pressions. Nous n’allons donc pas demander à tou·te·s nos membres de cesser de participer à l’exploitation animale, mais cette dernière a un statut particulier qui mérite qu’on s’y attarde.

En effet, contrairement au racisme, à l’homophobie ou au sexisme, la question de l’exploitation animale est encore très largement ignorée dans notre société. Nous allons donc ici sortir de valeurs faisant consensus parmi nos membres.

Incarner collectivement un idéal, agir pour le faire advenir (ou les deux) ?

Nous sommes convaincus que l’émulation de groupe et la présence de végétarien·ne·s parmi nous permettra d’aider d’éventuelles personnes souhaitant limiter leur participation à l’exploitation animale.

Nous insistons cependant sur le fait que chaque personne doive se sentir bienvenue à Vers l’écolieu, quel que soit son degré d’implication dans l’exploitation animale. Vers l’écolieu ne soutiendra cependant pas de projets comprenant une exploitation menant à la mise à mort d’animaux.

En terme d’efficacité pour les causes animale ou environnementale, séparer des végétarien·ne·s du reste de la société diminuerait leur influence et serait donc contre productif. De plus, éloigner des personnes mangeant des animaux n’a aucun intérêt altruiste puisque cela permettrait seulement de ne plus être confronté à la participation à l’exploitation animale, sans pour autant l’empêcher.

Il peut cependant exister des événements ou des projets d’habitat (entre autre) ou l’exploitation animale ne serait pas bienvenue. L’empathie envers les animaux peut en effet rendre très désagréable la vue de leur consommation, comme pourrait l’être pour chacun·e la vue de la consommation de chair humaine.

 

La suite du texte tente d’exposer brièvement pourquoi de nombreuses personnes parmi nous pensent qu’il existe une oppression animale et que celle-ci est contraire à nos idéaux d’altruisme et d’équité.

 

En quoi l’exploitation animale s’oppose à l’égalité et l’altruisme ?

L’équité et l’altruisme envers les animaux

La question centrale sur l’existence d’une oppression animale est : L’animal est il un « autre » convenable pour être sujet de notre altruisme et notre recherche d’équité ?   L’altruisme nous pousse par exemple à rechercher le bien de l’« autre ». La règle d’or de la déontologie demande de « ne pas faire à l’autre ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse ». La morale utilitariste nous pousse à faire en sorte que les conséquences de nos actions maximisent le bien-être et minimise la souffrance de soi et de tous les « autres » pouvant être affecté·e·s.

Hors, si la bienveillance devait être forcément réciproque, la bienveillance envers les personnes que nous ne rencontreront jamais (ex : habitants du bout du monde ou générations futures) ou n’ayant pas les capacités cognitives de nous rendre la pareille (ex : bébés ou personnes ayant un lourd handicap mental) n’existerait pas. Lorsque nous sommes enfants ou que notre propre intérêt ne guide pas nos choix moraux, nous sommes volontiers prêts à admettre qu’il n’est pas moral de faire souffrir un chat ou un lapin. En effet, nous considérons alors que s’il est moral d’éviter la souffrance de l’autre, alors chaque individu pouvant ressentir cette souffrance est un « autre » valable.

Les capacités de conscience, de ressentir des émotions, de faire des choix, ou de ressentir la douleur sont largement répandues dans le règne animal, en particuliers chez les mammifères, les oiseaux ou les poissons. Il ne s’agit pas de capacités binaires, mais d’une graduation de capacités, par exemple à être conscient de sa propre existence ou à ressentir de l’empathie pour d’autres individus. Les découvertes  des dernières décennies des neurobiologistes ou spécialistes des comportements animaux sont par ailleurs passionnantes et enterrent complètement l’idée d’animal-machine formulée par Descartes et ayant facilité l’exploitation animale actuelle.

Si nous prenons en compte l’animal dont nous consommons le cadavre, il devient alors évident que les quelques minutes de plaisir gustatif que nous ressentons ne valent pas les souffrances qu’elles ont infligées durant l’exploitation et la mise à mort d’un animal qui avait la volonté de vivre.

Sur le seul critère de l’espèce, et non sur celui de leurs capacités cognitives ou sensorielles réelles, plus de 60 milliards d’animaux terrestres et de 1000 milliard d’animaux marins sont tués chaque année. Bien souvent, leur exploitation entraîne de telles souffrances que les personnes finançant cette exploitation refusent de s’informer ou de prendre en compte les conséquences de leur financement de cette exploitation.

Nul·le n’est libre sans avoir la connaissance des conséquences de ses choix. Il revient donc à chacun·e d’entre nous de se renseigner afin de choisir de participer ou non à l’exploitation animale. C’est la seule solution pour ne plus simplement suivre le « choix par défaut » ou la norme, qui ont toujours rendu « naturelles et normales » les pires injustices et oppressions (religieuses, esclavagistes, homophobes, racistes, sexistes…).

L’exploitation animale, source d’injustice envers les humains actuels et futurs

En outre, l’exploitation animale est également une source d’injustice envers d’autres humains dont nous nous approprions les ressources. Une alimentation carnée classique produit 2,5 fois plus de gaz à effet de serre que l’alimentation végétale. L’exploitation animale est responsable de 14,5% des émissions globales de gaz à effet de serre, devant le secteur entier des transports. La majorité de la production céréalière française, 75% des terres agricoles mondiales, 85% de la production mondiale de soja ou encore 70% de la production française de maïs servent à l’exploitation animale. Alors que 795 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, la consommation d’animaux ne cesse d’augmenter, s’accaparent les ressources en eau et en terre de nombreux pays pauvres afin de permettre une industrie qui consomme 8 fois plus de protéines qu’elle n’en fournit. Les dégâts sur la biodiversité sont immenses : le bétail pèsent 95% de la masse de l’ensemble des 5500 espèces de mammifères terrestres.

Les océans ne sont pas en reste : 20% des animaux tués par la pêche servent à nourrir le bétail. Le nombre de poissons vivant dans les océans a diminué de 49% en 42 ans et les grandes espèces (thons, requins, espadons…) ont vu leur population divisée par 10.

Boycotter l’exploitation animale, c’est faire beaucoup pour l’”autre” et un peu pour soi

Nos valeurs d’équité et d’altruisme, qu’elles prennent en compte les injustices environnementales ou le bien être des humains ou des autres animaux, nous amènent donc à végétaliser au maximum notre alimentation (les laitages et les œufs étant une partie du problème). Les végétarien·ne·s, évitant les excès de la consommation française de produits animaux (et faisant probablement plus attention à leur alimentation que le reste de la population), vivent en moyenne plus longtemps et en meilleure santé. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, ayant récemment rendu public l’analyse des dernières contributions scientifiques à la nutrition, reconnaît l’absence d’intérêt des laitages sur la solidité des os et ne recommande pas de seuil minimal de viande rouge, tout en déconseillant d’en manger plus de 70 g par jour (soit 2,5 fois moins que la consommation moyenne française). Elle rejoint donc l’avis de la plus grande association mondiale de nutritionnistes, qui a établit que l’alimentation végétale équilibrée est adaptée à tous les âges de la vie.

 

Vous trouverez d’autres arguments et réponses aux questions (légitimes ou non) sur le site de vulgarisation scientifique viande.info ou encore sur vegan-pratique.fr.

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La question écologique

Le but n’est pas simplement de vivre en accord avec nos valeurs, mais d’être actrices et acteurs d’un changement plus large, en proposant une alternative sociale adoptable progressivement, sans demander de rupture avec le mode de vie standard. Notre communauté doit aussi être la plus inclusive possible pour faciliter la transition localement, et la plus large possible pour se faire connaître et pouvoir être prise en exemple comme solution aux problèmes écologique posés par le mode de vie occidental.

La crise écologique a déjà fait disparaître près de 50% des poissons des océans et 60% du nombre de vertébrés sur les seules 40 dernières années. La fin des ressources fossiles et minérales bon marché combinée à l’épuisement des sols, des nappes phréatiques et au dérèglement climatique pourrait mettre fin très brutalement à la croissance démographique exponentielle de la population mondiale en mettant, pour la première fois de son histoire, l’humanité face au limites matérielles de son environnement.

Ce problème n’est pas seulement causé par la manière de produire ou de répartir des biens matériels. Il est profondément ancré dans notre culture de compétition, où « réussir » signifie prendre à la communauté le plus possible, en accumulant des ressources limitées et en profitant du fruit du travail des autres. Mais l’altruisme lui aussi est profondément ancré dans nos comportements individuels et se trouve à la base de nos sociétés, depuis des millénaires. L’altruisme et la solidarité sont à la source de nombreuses initiatives visant la réussite collective avant la réussite personnelle, et la protection des intérêts fondamentaux des générations futures et des autres animaux terrestres avant la satisfaction de nos intérêts secondaires. Ces initiatives peuvent être par exemple la simplicité volontaire, la diminution maximale de ses déchets, l’utilisation de circuits économiques et géographiques courts voir la recherche de l’autonomie énergétique, alimentaire et matérielle, la limitation ou l’abandon de véhicules à moteur, la limitation de ses passions tristes (colère, jalousie, peur…), le rejet de toutes les oppressions (patriarcale, raciste, capitaliste, spéciste…) , de la propriété individuelle, de la hiérarchie…

Le but de Vers l’écolieu est de rassembler géographiquement les personnes porteuses de ces initiatives de sobriété matérielle et de richesse relationnelle permises par la confiance, la mutualisation et l’altruisme.

Pour parvenir à rétablir la confiance, la mutualisation et l’altruisme, il nous faut sortir de l’anonymat collectif. L’anonymat collectif permet en effet aux individus ayant des comportements antisociaux de tirer le meilleur parti des comportements altruistes sans jamais rendre la pareille et d’utiliser toute confiance accordée au dépend de la personne accordant sa confiance. La sortie de cet anonymat n’est possible qu’en créant une communauté à taille humaine, où les personnes se connaissent et peuvent jouir de leur bonne réputation en accordant et recevant la confiance de chacune. Il s’agit donc de passer d’un cercle vicieux d’une société où tout le monde se méfie de tout le monde à un cercle vertueux où la confiance, la mutualisation et l’altruisme est encouragé par la communauté. Cette communauté de personnes défendant les valeurs d’altruisme et d’équité doit permettre l’émergence d’une société fondamentalement écologique par ses aspirations à prendre soin de l’autre (étranger, génération future, autres formes de vie) et effectivement active pour la protection de l’environnement à travers les initiatives portées par ses membres.

 

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